L’ARMURE

 

Le début de ta vie, ton enfance, ont été marqués au fer de la souffrance,

Vivant constamment, l’abandon, le rejet et les déceptions à outrance,

Tu as subit des années, sans pouvoir manifester ta révolte, ta douleur,

Ces sentiments malsains se sont fondés un nid en toi, en ton fort intérieur.

 

Tu as courageusement mené dans une souffrante solitude, ton combat,

Sortant les poings, haussant la voix, montrant aux gens que tu étais là,

Désirant te protéger de tout mal, autour de toi tu as érigé un grand mur,

Désormais, rien ni personne ne pourrait te blesser, caché sous cette armure.

 

Au fil du temps, à l’occasion, tu es sorti de cette geôle devenue sécuritaire,

Chaque fois, un geste, un mot, tout te rappelle hier et tu fais marche arrière,

Tu souffres je le sens,  mais ainsi, tu ne subit plus, tu es seul maître de ton sort,

Ainsi, même si tu vis de la souffrance, elle te semble acceptable et sans tort.

 

J’ai ressenti, je l’ai vu cette armure, ce mal-être inconscient, refoulé, étouffé,

Le bonheur, que tu cherches, que tu espères, personne ne pourra te le procurer,

Malheureusement, les gens malgré tout leur amour, ne pourront effacer ce passé,

Le bonheur il est là, il est en toi, il attend que tu le libères, car toi seul peux y accéder.

 

Tu fuis sans doute la vulnérabilité, qui naîtrait en quittant doucement cette armure,

La crainte d’être blessé comme autrefois, te paralyse sûrement, ainsi privé de ton mur,

Tes pas, se feraient peut-être hésitants, face à l’inconnu, tu devrais tendre la main,

Tel l’enfant apprenant à marcher, faudrait te laisser guider mais tu y verrais des gains.

 

En acceptant de prendre les outils qui pourraient, un jour, démanteler ta sombre prison,

Tu pourrais enfin guérir tes plaies, sentir toutes les caresses du vent de la libération,

Je voudrais tant être à tes cotés, t’aimer, mais je serai toujours de l’autre coté du mur,

Je voudrais tant te supporter mais tu es seul responsable de la tombée de cette armure.

 

Un jour qui sait, ressentiras-tu le réel besoin de cesser de vivre étouffer par la douleur,

Et c’est à ce moment uniquement que tu pourras enfin ouvrir véritablement ton cœur,

Tu devras saisir les outils qui te sont offerts mais ton désir intense saura les accepter,

Je serai toujours là, à distance ou dans tes bras si tu décides un jour de donner la clef.

 

Tu es dans mon cœur, dans ma peau, mais je dois te laisser vivre ta vie à ta manière,

Est-ce ça l’amour inconditionnel? Peut importe au fond, car ton bonheur m’est cher,

Tu es le seul qui peut-être un jour, décideras du moment pour faire tomber les pierres,

Je ne veux en rien forcer l’ouverture de cette armure, tu dois le faire pour toi et en être fier.

 

Je te souhaite sincèrement un jour de t’offrir à toi-même ce cadeau,

d’un bonheur sans taches, comme j’ai su me faire à moi-même,

le jour où j’ai lâché prise. La vie sait ce qui est bon ou non pour nous.

Elle nous envoie des outils, des récompenses que l’on doit cueillir…

 

Avec tous mes sentiments et sans cigarette… :o)

 

@liby

2005-04-05

©MCLongtin 2005

 

 

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